Partager l'article ! Séville: La route d’Essaouira jusqu’à Séville s’est avérée assez minime. 2h30 d’autobus, 2h ...
La route d’Essaouira jusqu’à Séville s’est avérée assez minime. 2h30 d’autobus, 2h30 d’attente, 11 heures de train de nuit, taxi jusqu’au port, 1h30 d’attente, 1h30 de traversier, 2 heures d’attente, 4 heures de train, 1h30 d’attente, 1h30 de train et tadam, nous voilà à Séville comme par magie.
La partie la plus intéressante fut l’arrivée à la gare de Tanger. Nous marchions vers la sortie quand nous avons aperçu le troupeau de chauffeurs de taxis prêts à attaquer juste derrière les portes vitrées. "Suis-moi", dis-je à Véro en me dirigeant vers une porte sur le côté. BANG!! La porte était barrée, merde! "Bon d’accord, on passe à travers et on se dirige le plus vite possible vers un taxi dont le chauffeur n’est pas sorti." Comme je l’ai déjà expliqué, c’est la meilleure manière de ne pas se faire avoir.
Alors après une grande respiration, nous sommes sortis. Je me sentais comme un Emmitt Smith à son apogée passant à travers la défensive des 49ers. Feinte à gauche, course vers la droite, une autre feinte…Pendant ce temps, des bras tentent de m’agripper, les voix des harceleurs se font entendre tout autour de moi dans un immense mélange d’agression verbale collective : "Un taxi? UN TAXI? " "HEY!!" "SPEAK ENGLISH? TAXI?" "OU ALLEZ-VOUS? AU PORT?? TAXI? "30 dirhams 30 dirhams, PAS CHER!" "HEY TOI!! HEY!!!! HEEEYYY!!!!" HEEEEEYYYYY!!!!!!. Mais je réussi à passer et à sauter dans un taxi. "Au port svp! " Ah non, où est Véro! Tant pis! "Au port SVP! ". Mais non voyons, Véro m’avait bien suivi, quelle brave femme. La technique a une fois de plus fonctionné, je paye 2.5 fois moins cher que lors de mon arrivée à Tanger une dizaine de jours auparavant.
Alors après ce trajet interminable de près de 28 heures, nous étions finalement à Seville, un tantinet écoeurés, épuisés, et ayant juste hâte de nous retrouver dans notre chambre d’hôtel. Et pas n’importe quel hôtel mes amis. Ça fait longtemps que nous ne couchons plus dans des petites auberges, oh non, nous demandons maintenant rien de moins que le luxe, et c’est pourquoi j’avais réservé dans un hôtel 4 étoiles. 4 ÉTOILES!! Sérieusement, j’avais réussi à nous réserver une chambre pas très chère (quand même un peu plus que notre moyenne mais quand même..) dans un 4 étoiles. A ce moment là, on y croyait pas vraiment encore étant donné le prix alors nous avions hâte de voir de quelle manière nous nous étions fait dupés.
Quand nous avons aperçu l’hôtel au loin, l’excitation a commencé à monter. C’était une belle tour d’une vingtaine d’étages, genre de look "Hilton", genre d’hôtel où nous n’aurions jamais même osé rentrer sans réservation, genre d’hôtel où on s’imagine que la chambre la moins chère est à 200 euros, genre d'hôtel où Philippe Fournier ne couche jamais. Quand nous avons pénétré dans le hall d’entrée par la porte tournante automatique géante, nous avions peine à y croire! Face à nous, un grand salon avec plein de petits fauteuils chic, à notre droite, un petit bar fancy, au-dessus de nous, les chambres étaient disposés tout autour de l’édifice de manière à former une grande ouverture carrée de 20 étages. Superbe! Nous nous sentions presque mal à l’aise de rentrer là avec nos vieux vêtements sales et nos sacs à dos. "Ils vont nous dire que c’est une erreur, que la chambre coûte en fait 200 euros, c’est certain!!". Alors nous nous sommes dirigés vers la réception, toujours avec l’air ébahi devant ce qui pourrait effectivement être notre hôtel pour les 3 prochaines nuits. "Philippe Fournier, euuuuuuh I have a reservation, maybe, I think…”, lui dis-je avec grande assurance. "Aaaaahh yes, Philippe Fournier…". Ah non, ça y est, le rêve est terminé, va falloir se trouver un autre hôtel. Après sa réaction, nous étions presque certain qu’il y avait quelque chose qui clochait. Comment ça "aaahh yes, Philippe Fournier"?!? Après quelques secondes, elle revient avec une clé magnétique pour notre chambre au 7ème, nous indique où se trouve la piscine(!), le sauna(!), le spa(!), le centre de conditionnement physique(!), et nous donne un coupon pour un cocktail de bienvenue gratuit au bar de l’hôtel(!!!!). J’aperçois le prix sur l’écran d’ordi. Tout est correct!!! Oh yeaaaahhhh!!!!
Ensuite, nous sautons dans l’ascenseur, impatients de voir notre chambre. Et quelle chambre mes amis, ouf! 2 lits doubles collés un contre l’autre, grosse tv, mini-bar, coffre-fort, climatiseur central, rideaux triple épaisseur, look pas mal chic…De plus, une salle de bain impeccable avec un gros bain (pas de jets par contre…cheap!) et plein de petits "cadeaux" : rasoir, peigne, shampoing, certificats-cadeaux de chez HMV, etc…Le souvenir lointain du dortoir de 20 lits d’Amsterdam où un gars avait passé à travers son lit ou celui plein de mouches de Venise ou celui ultra sale et inconfortable de Barcelone me frôle soudain l’esprit! Mais tout ça est de l’histoire ancienne, je voyage maintenant comme une star.
Ce fut les 3 meilleures nuit de sommeil de mon voyage, voire même de mon existence. Noirceur totale, confort total, insonorisation totale, j’sais-pas-quoi-dire-d’autre total. Le premier matin, nous nous sommes réveillés vers 11h00 et on se croyait encore en plein milieu de la nuit tellement il faisait noir. J’aurais pu dormir pendant 3 jours sans arrêt mais bon, Séville a quand même quelques attraits à visiter, ne l’oublions pas.
Malgré toutes les villes européennes vues auparavant qui m’ont rendu un peu plus difficile à impressionner, j’ai trouvé Séville extrêmement belle, extrêmement agréable. Des beaux quartiers, des beaux attraits comme la cathédrale ou le palais arabe. Franchement, malgré la combinaison fatigue accumulée-chaleur suffocante, j’ai énormément apprécié la découverte de cette ville espagnole. Mention spéciale aux jardins du palais : époustouflant, m’man, tu aurais adoré j’en suis certain.
Voici 2-3 photos qui vous donneront une idée générale de cette ville, vu que j’ai pas l’air parti pour la décrire ben ben :
Nous avons aussi eu la chance de voir un spectacle de flamenco. Il semblerait qu’il y a plusieurs styles de flamenco. Celui auquel nous avons eu droit fut un peu plus traditionnel (je crois?) avec un chanteur, un guitariste et une seule danseuse. Ça se déroulait dans une petite salle intime, dans la cour intérieure d’un immeuble. Ça a commencé avec le guitariste et le chanteur, puis la danseuse a fait son entrée un peu plus tard. Jouant moi-même un peu de guitare, j’ai pu apprécier le talent indéniable du musicien, constantant que je ne serai probablement jamais capable de jouer du flamenco. Encore plus impressionnant que son talent était la longueur de ses ongles, my god! Étant dans la première rangée, je pense qu’il aurait pu me gratter le nez sans même se lever de sa chaise, et j’étais pas si proche que ça là! Je ne lui ai pas demandé par contre, je savais pas comment dire ça en espagnol.
Ça été un show un peu bizarre pour un non-initié comme moi, mais très intéressant à regarder. Je me sentais en Espagne plus que jamais. La danseuse fait des déhanchements et toutes sortes de mouvements étranges en tapant des pieds sur le plancher comme si elle essayait de passer à travers, en se fessant dessus comme une auto-sadomasochiste(?!?), tout cela en suivant les montées et descentes d’intensité du rythme de la musique. Pendant ce temps, le chanteur chante à tue-tête ou bien tape des mains super fort en suivant les rythmes flamencos bizarres pour accompagner la danseuse. La combinaison de tout ça mêlé aux expressions faciales de la danseuse crée un tout assez...surprenant disons. Tout un spectacle, j’aurais bien aimé avoir la chance d’en voir d’autres. Merci pour les belles surprises Séville, tu as réussis à m'ébahir pas mal plus que je ne l'aurais cru! (Quoi, je parle à une ville?!? Est-ce que le retour au travail m'a rendu fou?!?)
À bientôt.
Phil
Commentaires