Partager l'article ! Merzouga (Désert du Sahara): Je peux déjà m'imaginer le scénario, lors d'une journée chaude d'été, j'attend ...
Je peux déjà m'imaginer le scénario, lors d'une journée chaude d'été, j'attendrai patiemment que quelqu'un me fasse un commentaire sur la chaleur insoutenable, puis là je répondrai avec nonchalance que "ouin, mais c'est loin d'être comme dans le désert...". Cette phrase devrait alors faire réagir mon interlocuteur qui va probablement me demander pourquoi je dis ça. La je prendrai mon temps pour répondre, savourant le moment: "ouin, quand j'étais sur un dromadaire dans le désert du Sahara, ça c'était une chaleur insoutenable m'as te dire!". Puis je vais faire exprès pour le dire fort pour que les gens autour entendent, et je deviendrai le grand centre d'attention, tout le monde sera accroché à mes lèvres quand je raconterai l'histoire de quand moi et un groupe étions perdu dans le désert avec , avec presque pu d'eau, et qu'on a été obligé de dormir à la belle étoile. "Ah ce qu'il faisait chaud, mais nous avons survécu mes amis. Et laissez moi vous dire qu'on voit la vie différemment après avoir survécu au désert, à la déshydratation extrê...."Là Véro me couper pour me dire d'arrêter de raconter des niaiseries, que c'était un tour organisé, qu'on s'est jamais perdu, blablabla... Mais bon, c'est pas comme si j'avais jamais été dans le désert hein, on s'entend là-dessus!
Nous avions presque complètement élimininé cette possibilité de notre itinéraire, mais pendant que Véro était malade et ne pouvait rien faire à Marrakech, j'ai été faire un peu de recherche sur Internet et découvert que nous pouvions nous permettre une excursion dans le lointain désert pour pas trop cher. 2(3?) jours plus tard, nous partions. Voici brièvement comment ça s'est déroulé.
Jour 1:
Départ assez tôt de Marrakech, où nous pouvons constater que nous aurons un groupe d'environ 20 personnes, réparti dans 2 minibus. Pas le grand confort, mais comme je sais que je vais seulement faire 30 heures de route dans les 3 prochains jours, ça ne m'inquiète pas trop (quelqu'un a détecté le sarcasme ici?).
Pas longtemps plus tard, nous sommes dans les montagnes. De très belles montagnes! Il y en a même avec dans la roche rouge, c'est magnifique. Les courbes me rappelle la route de la côte d'Amalfi: mauvais signe, très mauvais signe! (mais tout a finalement bien été de ce côté, fiou) Beaucoup de paysages avec de la roche rouge brique, ou un peu rosée, c'est incroyable. Et on dirait que tous les petits villages ont utilisé cette roche pour se construire. Tout est de la même couleur.
Après 4 heures de route, nous arrivons à notre premier vrai stop, l'Aït Benhaddou, un espèce d'ancien petit village fortifié construit dans une petite montagne, et exactement de la même couleur que la montagne, encore un genre de couleur de terre cuite. Des scènes du film Laurence d'Arabie y ont été tournées (moi je l'ai pas vu..). Vraiment spécial comme vue.
Après un dîner à Ouarzazate, nous changeons de véhicule pour se retrouver dans un minibus un peu plus gros, mais encore plus inconfortable. Eh ben... Puis nous continuons notre route, toujours dans des paysages de roche rouge-orange-rose et de palmiers, faisant quelques arrêts photos ici et là. Au fur et à mesure que le temps avance, nous apprenons de plus en plus à connaître les gens de notre groupe qui est assez diversifié: 3 canadiens (nous et un gars du Nouveau-Brunswick), une suissesse, un couple d'italiens, un couple d'anglais, un couple d'indiens ainsi que 2 australiens. L'autre véhicule contenait un groupe 9 jeune filles du Pays de Galles voyageant ensemble au Maroc. Des gens très intéressants parmi cela. J'ai un peu plus parlé au canadien ainsi qu'aux 2 australiens, des gars vraiment cool d'à peu près mon âge, un étant en voyage pour 7 mois, l'autre amorçant un voyage d'un an à travers le monde. Quant au canadien, il avait déjà beaucoup voyagé et se préparait pour d'autres grands projets de bénévolat avec des jeunes en Tanzanie et au Népal. Très intéressant de parler avec lui.
Le soir, nous avons couché dans un hôtel pas si mal. Vraiment pas le grand luxe, mais je m'attendais à pire. Ils nous ont offert de la tajine pour souper, dans une belle petite salle. Les tajines et les couscous sont les plats les plus communs au Maroc. Une tajine est un genre de ragoût cuit et servi dans un pot de terre cuite avec un couvercle en cône. Habituellement assez délicieux. Ensuite, nous sommes tous allés nous coucher pas très tard, vu qu'on partait encore assez tôt le lendemain.
Jour 2:
De la route, encore de la route. Après quelques heures, enfin un arrêt. Ils nous emmènent dans un petit village berbère. Un homme nous parle de la confection de tapis, leur spécialité, leur mode de vie en fait. Tout l'été, ils vont vivre dans les montagnes et ramassent des matériaux pour faire les tapis. Ils reviennent ensuite vivre au village à l'hiver. Ce sont les hommes qui ramassent les matériaux, mais ce sont les femmes qui font les tapis, à la main. Il nous en montre quelques-uns, du travail très impressionnant. Ses paroles étaient vraiment captivantes, c'était très agréable de l'écouter parler, mais à un moment donné, il s'est mis à nous enterrer littéralement de tapis et on voyait tous que son but était de faire quelques ventes et ça a créé un certain malaise dans la pièce. Les tapis sont supers, on peut facilement voir l'énorme quantité de travail qui a été mis là-dedans, mais malheureusement, personne n'était là pour en acheter. C'est d'ailleurs la partie un peu plate de l'excursion. A chaque endroit où on arrêtait, il ya avait soit des vendeurs fatiguants, ou des petits enfants nous quêtant de l'argent.
Ensuite de la route, encore de la route. Les dernières heures sont effectuées sur des routes droites, le paysage est maintenant plus plat, et très rocailleux. L'air est de plus en plus chaud. Je suis assis à côté d'une fenêtre ouverte, et j'ai l'impression que quelqu'un tient un séchoir devant ma face, m'envoyant un flot incessant d'air chaud en pleine tronche. Nous apercevons des petites tempêtes de sable et par bouts, nous sommes mêmes à l'intérieur de ces mini-tempêtes.
Puis, nous atteignons enfin le désert. Là, il n'y à plus vraiment de route. Que des pancartes et des poteaux ici et là pour aider à s'orienter.
Nous apercevons alors les majestueuses dunes de sable. C'est pas des dunes, c'est presque des montagnes! Une lignée de dromadaires nous attend, impatients de se lever pour aller marcher dans les dunes. Est-ce que je rêve?
Nous en sommes finalement au moment que l'on attendait tous(le premier de deux en fait), l'apogée de notre excursion, la raison pour laquelle ça ne nous dérangeait pas trop de se taper 30 heures de route. Être sur un dromadaire, c'est totalement inconfortable, mais on l'oublie vite. Nous nous sommes alors promené pendant à peu près 1 heure à travers les dunes dorées, un peu orangées, un paysage complètement surréaliste, tout droit sorti de l'imaginaire. Tout le long, je suis comme dans un rêve, j'observe les dunes, les 2 lignées de dromadaires, ça se peut pas, je me pince, je me sacre le bras dans la bouche du dromadaire derrière moi pour me convaincre que c'est vraiment réel.
Puis, nous arrivons à notre bivouac, petit campement en plein milieu des dunes, en plein milieu de nulle part, consistant en des couvertes étendues par terre, ainsi que des couvertes soutenues dans les airs par des petits poteaux, formant des tentes. Nous avons alors escaladé une des dunes, exercice assez épuisant physiquement, contrairement à ce que l'on pensait avant de le faire pour le vrai.
Ensuite, nous avons pu jaser un peu avec les 2 guides, ces 2 hommes du désert qui ont un style de vie avec absolument aucune ressemblance au nôtre. Captivant, mais assez court, vu qu'ils ont décidé de nous jouer de la musique:
Puis, ils nous ont offert de la tajine pour souper, dégustée à la belle étoile, avec aucun ustensile, à la vraie manière du désert(en écoutant les filles de Galles crier hystériquement à chaque fois qu'elles voyaient une bibitte). C'est d'ailleurs la meilleure tajine que j'ai mangée au Maroc.
Nous avons passé la nuit à la belle étoile, étendu sur des couvertes, parce qu'il faisait vraiment trop chaud dans les tentes. À ma grande surprise, j'ai quand même bien dormi.
Jour 3:
Après un petit déjeûner de pain et café, nous remontons sur les dromadaires. Ce fut aussi mémorable, aussi irréel que la première fois. Le soleil était un peu plus présent, les dunes encore plus orangées. Je sais que c'est une très faible proportion du désert qui est comme ça, mais pour beaucoup de gens comme moi, c'est ça le désert. Mais je ne m'attendais pas à être aussi ébahi. À cause du vent qui les balaie, les immenses dunes sont pratiquement intactes à part pour les traces de pas des dromadaires, et ont des formes totalement surréelles. C'est plate, car malgré qu'on en ait des pas mal bonnes, les photos ne vous donneront pas une bonne idée de ce qu'on a vécu. C'est un de ces endroits où il faut vraiment y être, et si vous avez la chance de le faire un jour, allez y sans hésitation. Je vous souhaite d'être autant émerveillé que moi et Véro l'avons été.
Le reste fut de la route, interminable route. Nous sommes partis à 8h00 de Merzouga pour arriver à Marrakech vers 21h00, le corps plein de sable, la carte mémoire pleine de photos et la tête pleine de souvenirs qui resteront à jamais.
Phil
Commentaires