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Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /Juil /2006 22:25

Après notre retour du désert, nous avons passé une autre journée à Marrakech, question de nous faire harceler un peu plus, vu que j’aime tellement ça.  Heureusement, nous avons découvert en marchant vers la station de train qu’en dehors de la vieille ville, le harcèlement est presque inexistant.   En plus, nous avons découvert un Pizza Hut!  Quel délice après ce régime de couscous et tajines..

Nous avons aussi eu la chance de visiter un autre palais, qui nous rappelait pas mal le palais du sultan de l’Alhambra mais en un peu moins beau.

Le matin suivant, nous sommes partis pour Essaouira, une petite ville sur la côte Atlantique.  Ce jour-là, j’ai enfin compris comment NE PAS me faire fourrer par les chauffeurs de taxi!  ENFIN!   C’est pourtant si simple.  La règle la plus importante est la suivante : ne jamais essayer de négocier avec ceux qui t’attendent en dehors de leur taxi et qui te sautent dessus pour que tu embarques avec eux.  Il faut en trouver un qui attend patiemment dans son taxi, embarquer dedans, dire sa destination et en théorie, il devrait actionner son compteur et ainsi te charger la moitié ou moins de ce que tu aurais payé avec les chauffeurs-harceleurs.  Cette technique a toujours fonctionné pour nous.

Essaouira, qui avait une description exceptionnelle dans le Lonely Planet, s’est avéré une jolie petite ville côtière, sans plus.  Nous avons pu continuer à observer la culture marocaine en se promenant dans ses rues.  Un peu moins stressant qu’à Marrakech, mais j’ai quand même eu une vieille madame qui m’a agrippé le bras(probablement tellement impressionnée par mon bicep qu’il fallait absolument qu’elle le touche) ainsi qu’un marocain-mendiant-saoul qui ne me lâchait pas mais que j’ai réussi à déjouer avec des feintes à la Wayne Gretzky. 

Nous avons décidé de faire l’achat d’une petite tajine (le pot, pas le repas).  Je déteste acheter des trucs dans un pays comme ça.  Ils n’ont absolument jamais entendu parler du concept si simple de "satisfaction du client" qui fait qu’un client a des chances de revenir à leur magasin, ou d’en parler en bien à d’autres gens.  Ils préfèrent plutôt le concept de "fourrer le client le plus possible sans aucun remord".  Les prix fixes, ça n’existe pas.  Ils peuvent vendre une tajine à quelqu’un pour 5$, comme ils peuvent la vendre à quelqu’un d’autre pour 20$, dépendamment de la naïveté du client.   Alors pour bien s’en sortir, il ne faut pas hésiter à être ferme.  Mais c’est quand même difficile, surtout quand tu n’as aucune idée de combien vaut la chose que tu veux acheter.  Eux vont commencer par t’offrir un prix ridiculement haut, comme ça un touriste non expérimenté va négocier ça à moitié prix et avoir l’impression d’avoir fait une bonne affaire, mais va découvrir un peu plus tard qu’il aurait pu payer 4 fois moins cher.  C’est comme ça que ça fonctionne là-bas.  

J’ai réussi à avoir la tajine pour 45 dirhams, c’est à dire un peu moins de 6$ canadien.  Je crois que c’est pas si mal comme prix.  J’ai commencé par lui offrir 45, et je suis resté à 45 tout au long, ne craquant pas sous la pression, yeah!   Quelle confrontation à la fin quand il avait baissé son prix à 47 et que je continuais à lui offrir 45!    C’était rendu ridicule à ce point là, je savais que j’avais réussi à avoir mon prix.   Mais sérieusement, tout ça s’est fait très cordialement, en blaguant un peu, j’ai aimé le fait que les négociations peuvent se faire tout en restant amical.

Nous avons mangé dans un bon petit resto italien (je vous l’ai dit, à ce point là, pu capable les couscous et tajines!), qui me faisait penser à un resto italien qu’on aurait pu retrouver à Ottawa.  Le serveur était un peu trop enthousiaste : "Le CANADA!! Je rêve d’y aller!!!!  Ça doit être TELLEMENT beau!!!  Vous êtes tellement gentils les canadiens!!    Aaaaaaaaahh"  Je pensais qu’il était pour pleurer de joie.  Je lui ai alors demandé si je pouvais changer de table pour avoir un autre serveur. (mais non..)

Le lendemain, un peu avant de partir, nous avons rencontré dans un café Internet un marocain ayant déjà enseigné pendant quelques années à Nicolas-Gatineau, ainsi qu’à l’université d’Ottawa!   Mais il a décidé de revenir vivre au Maroc pour y faire du fromage.  Ça faisait bizarre de parler à un marocain qui connaissait des grandes agglomérations québécoises telles que Thurso et Plaisance.

 À bientôt..

 Phil à ….Gatineau

Par Phil - Publié dans : Maroc
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Mardi 11 juillet 2006 2 11 /07 /Juil /2006 16:00

Je peux déjà m'imaginer le scénario, lors d'une journée chaude d'été, j'attendrai patiemment que quelqu'un me fasse un commentaire sur la chaleur insoutenable, puis là je répondrai avec nonchalance que "ouin, mais c'est loin d'être comme dans le désert...".   Cette phrase devrait alors faire réagir mon interlocuteur qui va probablement me demander pourquoi je dis ça.  La je prendrai mon temps pour répondre, savourant le moment:  "ouin, quand j'étais sur un dromadaire dans le désert du Sahara, ça c'était une chaleur insoutenable m'as te dire!".   Puis je vais faire exprès pour le dire fort pour que les gens autour entendent, et je deviendrai le grand centre d'attention, tout le monde sera accroché à mes lèvres quand je raconterai l'histoire de quand moi et un groupe étions perdu dans le désert avec , avec presque pu d'eau, et qu'on a été obligé de dormir à la belle étoile.  "Ah ce qu'il faisait chaud, mais nous avons survécu mes amis.   Et laissez moi vous dire qu'on voit la vie différemment après avoir survécu au désert, à la déshydratation extrê...."Là Véro me couper pour me dire d'arrêter de raconter des niaiseries, que c'était un tour organisé, qu'on s'est jamais perdu, blablabla...  Mais bon, c'est pas comme si j'avais jamais été dans le désert hein, on s'entend là-dessus!

Nous avions presque complètement élimininé cette possibilité de notre itinéraire, mais pendant que Véro était malade et ne pouvait rien faire à Marrakech, j'ai été faire un peu de recherche sur Internet et découvert que nous pouvions nous permettre une excursion dans le lointain désert pour pas trop cher.  2(3?) jours plus tard, nous partions.   Voici brièvement comment ça s'est déroulé.

Jour 1:

Départ assez tôt de Marrakech, où nous pouvons constater que nous aurons un groupe d'environ 20 personnes, réparti dans 2 minibus.   Pas le grand confort, mais comme je sais que je vais seulement faire 30 heures de route dans les 3 prochains jours, ça ne m'inquiète pas trop (quelqu'un a détecté le sarcasme ici?).

Pas longtemps plus tard, nous sommes dans les montagnes.   De très belles montagnes!  Il y en a même avec dans la roche rouge, c'est magnifique.    Les courbes me rappelle la route de la côte d'Amalfi: mauvais signe, très mauvais signe!    (mais tout a finalement bien été de ce côté, fiou)  Beaucoup de paysages avec de la roche rouge brique, ou un peu rosée, c'est incroyable.  Et on dirait que tous les petits villages ont utilisé cette roche pour se construire.   Tout est de la même couleur.

Après 4 heures de route, nous arrivons à notre premier vrai stop, l'Aït Benhaddou, un espèce d'ancien petit village fortifié construit dans une petite montagne, et exactement de la même couleur que la montagne, encore un genre de couleur de terre cuite.  Des scènes du film Laurence d'Arabie y ont été tournées (moi je l'ai pas vu..).   Vraiment spécial comme vue. 

 

Après un dîner à Ouarzazate, nous changeons de véhicule pour se retrouver dans un minibus un peu plus gros, mais encore plus inconfortable.  Eh ben...  Puis nous continuons notre route, toujours dans des paysages de roche rouge-orange-rose et de palmiers, faisant quelques arrêts photos ici et là.  Au fur et à mesure que le temps avance, nous apprenons de plus en plus à connaître les gens de notre groupe qui est assez diversifié:  3 canadiens (nous et un gars du Nouveau-Brunswick), une suissesse, un couple d'italiens, un couple d'anglais, un couple d'indiens ainsi que 2 australiens.   L'autre véhicule contenait un groupe 9 jeune filles du Pays de Galles voyageant ensemble au Maroc.  Des gens très intéressants parmi cela.  J'ai un peu plus parlé au canadien ainsi qu'aux 2 australiens, des gars vraiment cool d'à peu près mon âge, un étant en voyage pour 7 mois, l'autre amorçant un voyage d'un an à travers le monde.  Quant au canadien, il avait déjà beaucoup voyagé et se préparait pour d'autres grands projets de bénévolat avec des jeunes en Tanzanie et au Népal.  Très intéressant de parler avec lui.

Le soir, nous avons couché dans un hôtel pas si mal.  Vraiment pas le grand luxe, mais je m'attendais à pire.  Ils nous ont offert de la tajine pour souper, dans une belle petite salle.  Les tajines et les couscous sont les plats les plus communs au Maroc.  Une tajine est un genre de ragoût cuit et servi dans un pot de terre cuite avec un couvercle en cône.  Habituellement assez délicieux.  Ensuite, nous sommes tous allés nous coucher pas très tard, vu qu'on partait encore assez tôt le lendemain.

Jour 2:

De la route, encore de la route.   Après quelques heures, enfin un arrêt.  Ils nous emmènent dans un petit village berbère.  Un homme nous parle de la confection de tapis, leur spécialité, leur mode de vie en fait.  Tout l'été, ils vont vivre dans les montagnes et ramassent des matériaux pour faire les tapis.  Ils reviennent ensuite vivre au village à l'hiver.   Ce sont les hommes qui ramassent les matériaux, mais ce sont les femmes qui font les tapis, à la main.  Il nous en montre quelques-uns, du travail très impressionnant.   Ses paroles étaient vraiment captivantes, c'était très agréable de l'écouter parler, mais à un moment donné, il s'est mis à nous enterrer littéralement de tapis et on voyait tous que son but était de faire quelques ventes et ça a créé un certain malaise dans la pièce.  Les tapis sont supers, on peut facilement voir l'énorme quantité de travail qui a été mis là-dedans, mais malheureusement, personne n'était là pour en acheter.  C'est d'ailleurs la partie un peu plate de l'excursion.   A chaque endroit où on arrêtait, il ya avait soit des vendeurs fatiguants, ou des petits enfants nous quêtant de l'argent.

Ensuite de la route, encore de la route.   Les dernières heures sont effectuées sur des routes droites, le paysage est maintenant plus plat, et très rocailleux.  L'air est de plus en plus chaud.  Je suis assis à côté d'une fenêtre ouverte, et j'ai l'impression que quelqu'un tient un séchoir devant ma face, m'envoyant un flot incessant d'air chaud en pleine tronche.  Nous apercevons des petites tempêtes de sable et par bouts, nous sommes mêmes à l'intérieur de ces mini-tempêtes.

Puis, nous atteignons enfin le désert.  Là, il n'y à plus vraiment de route.  Que des pancartes et des poteaux ici et là pour aider à s'orienter.

Nous apercevons alors les majestueuses dunes de sable.  C'est pas des dunes, c'est presque des montagnes!   Une lignée de dromadaires nous attend, impatients de se lever pour aller marcher dans les dunes. Est-ce que je rêve?

Nous en sommes finalement au moment que l'on attendait tous(le premier de deux en fait), l'apogée de notre excursion, la raison pour laquelle ça ne nous dérangeait pas trop de se taper 30 heures de route.   Être sur un dromadaire, c'est totalement inconfortable, mais on l'oublie vite.   Nous nous sommes alors promené pendant à peu près 1 heure à travers les dunes dorées, un peu orangées, un paysage complètement surréaliste, tout droit sorti de l'imaginaire.  Tout le long, je suis comme dans un rêve, j'observe les dunes, les 2 lignées de dromadaires, ça se peut pas, je me pince, je me sacre le bras dans la bouche du dromadaire derrière moi pour me convaincre que c'est vraiment réel.

Puis, nous arrivons à notre bivouac, petit campement en plein milieu des dunes, en plein milieu de nulle part, consistant en des couvertes étendues par terre, ainsi que des couvertes soutenues dans les airs par des petits poteaux, formant des tentes.  Nous avons alors escaladé une des dunes, exercice assez épuisant physiquement, contrairement à ce que l'on pensait avant de le faire pour le vrai.

Ensuite, nous avons pu jaser un peu avec les 2 guides, ces 2 hommes du désert qui ont un style de vie avec absolument aucune ressemblance au nôtre.  Captivant, mais assez court, vu qu'ils ont décidé de nous jouer de la musique:

Puis, ils nous ont offert de la tajine pour souper, dégustée à la belle étoile, avec aucun ustensile, à la vraie manière du désert(en écoutant les filles de Galles crier hystériquement à chaque fois qu'elles voyaient une bibitte).  C'est d'ailleurs la meilleure tajine que j'ai mangée au Maroc.  

Nous avons passé la nuit à la belle étoile, étendu sur des couvertes, parce qu'il faisait vraiment trop chaud dans les tentes.   À ma grande surprise, j'ai quand même bien dormi.

Jour 3:

Après un petit déjeûner de pain et café, nous remontons sur les dromadaires.  Ce fut aussi mémorable, aussi irréel que la première fois.  Le soleil était un peu plus présent, les dunes encore plus orangées.  Je sais que c'est une très faible proportion du désert qui est comme ça, mais pour beaucoup de gens comme moi, c'est ça le désert.   Mais je ne m'attendais pas à être aussi ébahi.  À cause du vent qui les balaie, les immenses dunes sont pratiquement intactes à part pour les traces de pas des dromadaires, et ont des formes totalement surréelles.  C'est plate, car malgré qu'on en ait des pas mal bonnes, les photos ne vous donneront pas une bonne idée de ce qu'on a vécu.  C'est un de ces endroits où il faut vraiment y être, et si vous avez la chance de le faire un jour, allez y sans hésitation.  Je vous souhaite d'être autant émerveillé que moi et Véro l'avons été.

Le reste fut de la route, interminable route.  Nous sommes partis à 8h00 de Merzouga pour arriver à Marrakech vers 21h00, le corps plein de sable, la carte mémoire pleine de photos et la tête pleine de souvenirs qui resteront à jamais.

Phil

Par Phil - Publié dans : Maroc
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Jeudi 6 juillet 2006 4 06 /07 /Juil /2006 15:07

Le trajet Granada-Marrakech fut très facile.  5 heures de train, 2 heures d'attente, 1h30 de traversier, 5 heures d'attente, 11 heures de train et POUF, nous voilà à Marrakech.

Nous craignions le pire lors de l'arrivée au port de Tanger, reconnu pour son accueil par des dizaines de chauffeurs de taxis, vendeurs, etc.  qui supposément ne te lâchent pas d'une semelle mais franchement, ça s'est bien déroulé.   Le plus difficile est de négocier avec les chauffeurs de taxi.  A Tanger, aussitôt que tu leur parles d'utiliser leur compteur, ça les fait fuir..

Le 11 heures de train était en fait un train de nuit et nous avions payé l'extra pour des couchettes, ce qui était un excellent choix.  Nous avons très bien dormi, jamais un 11 heures de train n'a passé aussi vite.

Bon là, je voulais aller à Marrakech pour vivre un vrai dépaysement culturel au moins une fois dans mon voyage et honnêtement, je l'ai eu en "tabarnouche" mon dépaysement!   Waaah....C'est sûr qu'on savait un peu à quoi s'attendre:  le Maroc est un pays arabe(mais presque tout le monde parle français, ça nous aide beaucoup), un pays islamique, un pays pas très riche alors on savait que ça serait un choc.  Mais de le vivre réellement, waaah, c'est complètement déboussolant.   Premièrement, ça commence par les difficiles négociations avec les chauffeurs de taxi.  Ensuite, choc total pour un canadien, je parle d'hockey au chauffeur de taxi et il ne sait pas c'est quoi!!!    

Chauffeur marocain:  "Quoi?!?!?"
Phil:   "Hockey".
Chauffeur marocain:  "QUOI?!?"
Phil: "HOCKEY!!!"
Chauffeur marocain(pas trop sûr): "Ah ouais, sur la neige hein?"
Phil:  "Ouin c'est ça, sur la neige..."
Chauffeur marocain:  "Ouais ouais, et ils se frappent dans les jambes avec des bâtons."
Phil:  "Euuhh, c'est une manière de voir les choses!"

Ensuite, il te débarque dans le milieu de la medina(vieille ville) et là, la recherche d'hôtel commence.   Pratiquement impossible d'utiliser une mappe.  C'est plein de petites rues et ruelles parmi des vieux édifices tous en pierre rose pâle, et aucun nom en nulle part.  

Et croyez moi, quand tu te promènes là avec un sac à dos, t'es une cible en maudit!    Pas moyen de faire plus de cinq pas sans qu'un marocain s'accroche à nous ("Vous cherchez un hôtel, pas cher, suivez moi, suivez moi!  You are english?  Looking for a hotel??").  Et si tu le suis, il va te demander un "pourboire", c'est inévitable.  C'est la même chose aussitôt que tu t'arrêtes pour regarder où tu t'en vas.  Je vous le jure, à la moindre hésitation, un marocain va te sauter dessus pour pouvoir te montrer le chemin en échange d'un pourboire c'est certain.  J'ai calculé qu'en moyenne, il faut dire non à un marocain 5-6 fois pour qu'il s'en aille.   Ça me fait penser à quand t'as une roche de pognée dans la sandale, ça prend quelques "kicks" pour la faire partir.  J'ai essayé toutes les techniques pour les faire partir:  rester "cool", être plus ferme, rien dire...Je suis pas encore certain laquelle est la meilleure.  La plupart du temps, je prends la technique "rester cool" et j'essaie de "niaiser" un peu avec eux, mais ça devient lassant à la longue..

Après un peu de magasinage, nous avons trouvé un hôtel vraiment bien.  Avec climatiseur.  On devient vraiment sélectif avec le temps!  Au diable les hôtels les plus cheaps, on a décidé de monter d'une coche.

Ensuite, nous sommes ressortis nous promener.  Des ânes tirant des charettes, des marchands essayant d'attirer ton attention pour que tu leurs achètes n'importe quoi, des femmes voilées, des hauts-parleurs projetant des appels à la prière en arabe à chaque x heures, c'est un monde totalement différent ici!  Mais je n'aime pas le fait d'être vu comme un porte-monnaie ambulant.  Toujours des gens qui veulent ton argent ici.  Le pire, ce sont les enfants.  Vous allez peut-être trouver que j'ai un coeur de pierre, mais JAMAIS je ne donnerai d'argent à un enfant qui mendie.  J'ai l'impression que dans la majorité des cas, les parents ne sont pas loin et ce sont eux qui forcent leurs enfants à aller voir les "riches" touristes et d'essayer de prendre l'air le plus piteux possible, et je ne suis juste pas capable d'accepter ça.

Le soir, la place centrale de la medina devient une immense scène de spectacle.  Des charmeurs de serpents, des combats de boxe, des tribus africaines, danseuses du ventre, diseuses de bonne aventure, des singes, des kiosques de bouffe, des kiosques de jus d'orange frais...   Des milliers de personnes circulent parmi tout ça à chaque soir.   Mais je n'ai vraiment pas aimé cet endroit.  Pourquoi?   Trop stressant, vraiment trop stressant.   Pas moyen de s'arrêter une seconde sans que quelqu'un essaie de te mettre un singe ou un serpent sur les épaules, pas moyen de circuler dans les kiosques de bouffe sans qu'ils ne soient tous sur toi comme des piranhas, pas moyen d'arrêter voir un petit spectacle sans que quelqu'un te demande de l'argent ou essaie de fouiller dans tes poches, pas moyen de prendre une photo sans te retrouver avec 3 marocains autour de toi qui exigent de l'argent parce que tsé, ce sont des stars, il faut payer pour prendre leur photo.

Le meilleur moyen que nous avons trouvé pour apprécier ça est d'aller sur une terrasse en hauteur, là où on peut admirer toute cette folie en paix. 

Les deux jours d'ensuite ont été plus difficile, Véro étant malade et pratiquement pas capable de sortir de la chambre.  J'ai été me promener quelques fois tout seul et encore là, j'ai trouvé ça un peu stressant.    Je pourrai vous parler pendant des heures de ce côté là mais bon...je suis conscient qu'il faut que je m'arrête un moment donné..

Quand Véro s'est sentie mieux, nous avons pu aller nous promener dans les souks, ces immenses labyrinthes de petits kiosques vendant toutes sortes d'affaires:  vêtements, tajines, colliers, souliers, tapis, instruments de musique, etc...Et ça fait vraiment partie de leur culture d'être agressifs ici.  Ils essaient tous d'attirer ton attention quand tu passes devant eux.  Certains sont quand même comiques.   Il y avait environ 20 mini-kiosques avec les mêmes mêmes affaires à l'intérieur.  Le vendeur d'un de ces kiosques lance alors à la dame devant moi, d'une voix convaincainte, voire même arrogante:  "Madame, c'est ICI que ça se passe!".   Je l'ai bien ri..

Marrakech a tout de même été fascinante à découvrir malgré tout.  C'est juste que sans le harcèlement constant, ça aurait été encore mieux. Ça m'a même fait poser plusieurs questions sur moi-même.  Pourquoi ce stress, je suis supposé aimer ça non?!?   Est-ce que ça va être comme ça dans les autres pays que je veux visiter?  Comment vais-je endurer ça?? Suis-je vraiment fait pour voyager?  Dois-je annuler mes plans des prochaines années?!?!?  AAAAHHHHHHHH!!!!!!!!!!!!!    Heureusement, j'ai eu la chance de parler à plusieurs autres passionnés de voyages qui ont eu ce même sentiment de stress constant à Marrakech, ce qui m'a rassuré.  Ouf, je ne suis pas le seul!  Et oui, je veux toujours continuer à voyager!   Mon voyage se termine dans 1 semaine et 2 jours, nooooooooooonnnnn!!!!! 

Mais j'ai hâte de vous revoir...


Phil à Seville, España


Par Phil - Publié dans : Maroc
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Samedi 1 juillet 2006 6 01 /07 /Juil /2006 19:04

Avant d'aller à Granada, il nous a fallu faire un putain de détour géant par Madrid, où nous avons passé un après-midi et une soirée seulement, ce qui fut amplement.  Rien de bien intéressant à signaler pour cette ville, à part la rencontre d'un québécois d'une quarantaine d'années qui venait de faire le sentier de Compostelle au grand complet en 2 mois.   1800 km de marche, wow!   Le gars avait l'air pas mal écoeuré par contre, il semblait chiâler contre toute, surtout contre les dortoirs mais aussi:

Québécois:  "Le monde arrive là avec des grosses bottes de marche!!  Pas besoin de ça, j'ai tout fait ça en espadrille moi!"

Phil:   "T'as ben raison"   (en poussant discrètement mes bottes sous le lit)

Là il m'a sortit la citation du mois!

Québécois:   "Moi j'ai un sac de 5 kilos, c'est tout ce que ça prend!  J'ai vu du monde essayer de faire le sentier avec un sac de 20-25 kilos!   T'emmènes quoi là-dedans, ta MÈRE?!?!?"

Phil:  "Haha!"  (En poussant discrètement mon gros sac sous le lit)

Il était quand même sympathique malgré tout..

Lendemain, arrivée sous le chaud soleil de Granada, où nous avons pu nous dénicher une chambre d'hôtel super cool avec climatiseur et tv satellite.  On pouvait pogner, tellement de poste au moins...10.     Bordel, je peux zapper 530 postes mais j'en pogne 10!!!! SCANDALE!!! 

Le soir, nous nous sommes retrouvés dans un petit bar à manger des tapas, boire de la bière et regarder le match Angleterre contre ???.   À chaque fois qu'on commandait une mini-bière, le gars nous apportait un tapa, tous moins bons les uns que les autres malheureusement!   Mais bon, nous sommes en Espagne, il faut expérimenter un peu les traditions espagnoles hein?!?   

Le lendemain matin, mon estomac m'a signalé qu'il n'avait pas trop aimé mon expérimentation espagnole.  Nous sommes quand même sortis nous promener dans ce four nommé Granada.  Beaucoup d'influence arabe dans cette ville, ça nous donne vraiment un avant-goût du Maroc.  Visite d'un beau quartier où tout est blanc, cool.  Mais il fait chaud, et je me sens de plus en plus faible.   Nous nous sommes donc assis un peu sur une terrasse, en attente de notre réservation pour aller visiter l'Alhambra.    Puis, nous avons pris un mini-bus jusque là, malgré mon état de plus en plus précaire.   Avant d'entrer, il a fallu que je me couche pendant 1 heure sur un banc, n'étant plus capable de tenir debout!

Mais bon, pas question de reculer, j'avais réservé mes billets une semaine auparavant pour la visite de cette merveille, et je ne reviendrai probablement jamais ici.   Alors un peu d'eau froide dans la figure et allons y.

Bon d'accord, lors de la visite, je marchais aussi vite que mon grand-père Maurice (allo grand-papa!) et je m'assoyait aux 2 minutes, mais je m'en serais tellement voulu de pas l'avoir fait!  

L'Alhambra est une espèce de cité arabe construite il y a plusieurs centaines d'années.   On peut y visiter des jardins, une forteresse nous donnant une vue spectaculaire sur Granada, ainsi qu'un incroyable palais de sultan.   En tout cas, c'était pour nous une première visite d'un endroit avec architecture arabe comme ça, et nous avons adoré.  

Le lendemain, j'étais toujours faible, alors nous sommes restés très tranquilles, surtout avec la chaleur suffocante.  Beaucoup d'internet pour se rattraper dans l'écriture d'articles, un peu de lavage, blablabla...

Je dois mentionner qu'en Espagne, nous devons utiliser notre espagnol extrêmement souvent.  C'est une très bonne chose que l'on soit capable de se débrouiller un peu.  Et franchement, on est pas pire du tout!  C'est même un peu amusant je trouve.  C'est vraiment le pays où on rencontre le plus de gens ne parlant ni anglais ni français à date.  Mais quand même plusieurs espagnols d'Alicante et Granada parlent français, ce qui nous facilite parfois la vie.

Le lendemain, grand départ pour le MAROC.

Phil

Par Phil - Publié dans : Espagne
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Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /Juin /2006 18:26

Le matin de notre départ de Barcelone, nous n'étions toujours pas certains quelle serait notre prochaine destination: Valencia ou Alicante?   Nous avons finalement opté pour Alicante, le nom étant pas mal plus cool. Aussi parce que Jipé, copain de Karyne, nous en avait parlé.  Et me semble qu'il avait aimé ça.  Mais surtout, surtout pour le nom.

Et devinez quoi:  ça s'est avéré être une EXCELLENTE décision.

Alicante, une autre ville sur le bord de la Méditerranée, nous a tout de suite enchanté par sa belle plage et la spectaculaire forteresse la surplombant.  Non seulement ça, mais en plus, une magnifique allée de palmiers avec une fontaine au bout où nous adorions aller marcher.

Et quelle chance, nous étions là pendant un festival.   Nous avons tout d'abord découvert qu'il y avait des corridas à chaque jour.  Nous avons décidé d'aller en voir une, étant donné que c'est une très grande tradition de l'Espagne.  Les espagnols sont fous de ça.  De mon côté, c'était la première et dernière fois de ma vie que j'allais voir un spectacle aussi barbare.

Nous en avions entendu parler par les 4 américains rencontrés à Rome mais bon, nous avons décidé d'y aller quand même.  Nous nous sommes fait dire que celle là était différente, et j'espèrait que cela voulait dire qu'ils ne tueraient pas 10 taureaux devant nos yeux, mais mon souhait ne s'est pas exaucé.  La différence était que celle-là était à cheval.

Voici le principe général pour ceux qui ne connaissent pas ça.  Je ne connaissais personnellement pas ça avant de parler aux 4 américains.

Tout d'abord, 10000 personnes s'entassent dans un stade rond avec une grosse arène dans le milieu.   Le genre de stade qui chez nous contiendrait 5000 personnes.   En étirant le bras, je crois que je pouvais toucher une personne assise 7 rangées plus bas que moi.

Ensuite, présentation des matadors, qui sont à cheval pour cette corrida.

Puis le spectacle commence.  Un homme se promène avec une pancarte indiquand le nom et le poids du prochain taureau.  Quelques secondes plus tard, l'animal sort dans l'arène.  4 matadors à terre s'amusent à le faire courir autour de l'arène.  Puis le matador à cheval s'emmène.   Il fait faire toute sorte de trucs à son cheval pour éviter le taureau.  Cette partie là est pas mal intéressante! Je ne savais pas qu'un cheval pouvait courir aussi vite latéralement!  Le taureau est très rarement capable de toucher au cheval. Puis, le matador va chercher des petites lances, et les plante une par une dans le dos du taureau, toujours en essayant de rendre ça spectaculaire.  À chaque lance, la foule s'exclame:  "YEEEEEAAAAAAAHHHH".  L'espagnol à côté de moi est littéralement sur le bout de son siège.  Moi aussi en fait, mais c'est parce que le siège est vraiment petit.

On peut facilement distinguer le sang du taureau qui coule, même de loin.  Après avoir planté une dizaine de petites lances, le matador y va pour une plus grosse.  S'il réussit bien son coup, le taureau va se coucher quelques secondes plus tard, n'étant plus capable de tenir debout.  Quelqu'un vient alors porter le coup fatal, un petit coup de couteau derrière la tête, et la bête s'effondre sur le côté.  Une des oreilles est alors découpée pour devenir le "trophée" du matador.   Si la foule a aimé, tout le monde crie et agite quelque chose de blanc, c'est complètement fou.  Sinon, la foule siffle.  Après, on enlève le taureau mort de l'arène et on recommence avec un autre.

Cela est un véritable phénomène culturel en à travers l'Espagne.  C'est pratiquement l'équivalent du hockey au Canada.  Les gens vont même voir ça en famille, emmenant leurs petits enfants assister au massacre.  En fait, j'ai appris qu'il y a seulement à Barcelone où les taureaux ne sont pas tués.

J'ai personnellement trouvé extrêmement difficile d'assister à ça. Je n'étais vraiment pas capable de m'exclamer avec la foule après l'enfoncement d'une lance.   Pour aimer ça, j'imagine qu'il faut complètement oublier qu'un taureau est un être vivant.  Et il n'y a pas de doute que les espagnols aiment ça.  L'ambiance là-dedans est électrisante.  Mais ce n'est vraiment pas pour moi...Je me sentais vraiment mal à l'aise tout au long.  Nous sommes d'ailleurs partis avant la fin.  Pouvez-vous imaginer le nombre de manifestations que cela entraînerait au Canada?  

En sortant de là, nous avons assisté à une parade de costumes traditionnels.  Intéressant au début, mais assez répétitif...

Le lendemain soir, après une journée relaxe à la plage, nous nous dirigions vers l'internet quand nous avons remarqué qu'il y avait encore un paquet de chaises sur la rue principale.  Quoi, une autre parade?!?  Au diable l'internet, on s'est assis et on a attendu.  Pendant 1h30. 

Alors ça a commencé.  Pendant 2h00 de temps, des milliers d'espagnols ont défilé devant nous avec des déguisements faits à la main tous plus originals les uns que les autres.  Hommes, femmes, adultes, enfants, adolescents, bébés et personnes âgées circulaient dans la rue par groupes d'une cinquantaine et plus, tous déguisés selon un thème, et exécutaient parfois des chorégraphies.  Je vous le jure, tous les déguisements y ont passés: pirates, diables, sorcières, animaux, fontaines, ustensiles de cuisine, poissons, plantes carnivores, légumes, joueurs de tennis, geishas, table de billard, poutine sauce brune,  n'importe quoi... Pardonnez moi, mais l'expression "geek" s'applique parfaitement:  BEST. PARADE. EVER. 

Alicante n'était pas prévu à l'horaire et franchement, ça va rester un de nos souvenirs marquants de voyage.

Phil

Par Phil - Publié dans : Espagne
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